Il existe des liens très forts entre problématiques environnementales et inégalités sociales. D’une part, l’inégal accès aux ressources naturelles et l’inégale exposition aux risques environnementaux creusent l’écart entre les différentes catégories de populations au détriment des plus démunis. D’autre part, les inégalités sociales, de revenu et de représentation jouent un rôle certain dans nos crises écologiques. Alors que les inégalités se cumulent au sein des territoires et entre territoires, il devient urgent de comprendre les mécanismes qui lient les inégalités pour éviter les politiques strictement sectorielles et arriver à traiter les questions sociales et environnementales ensemble.
8h30-9h : Accueil des participants
9h-9h30 : Discours d’ouverture
Jean-Patrick Masson, président d’Alterre Bourgogne
Stéphane Woynaroski, Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté
Florence Laubier, DREAL Bourgogne-Franche-Comté
Blandine Aubert, ADEME Bourgogne-Franche-Comté
Animation de la journée : Pierre Lefevre
9h30-12h30 : Conférences et table ronde
- Patrick Savidan
Professeur de philosophie politique à l'université de Poitiers, directeur de la revue Raison publique, président de l'observatoire des inégalités
Quelle égalité ? Quelle justice voulons-nous ?
Dans le domaine social et politique, une inégalité n'est pas une simple différence ; c'est une différence - de situation, de condition, d'accès à un bien, etc. - qui nous apparaît comme étant fondamentalement injuste. Un écart dont nous souhaiterions, sinon la disparition, du moins la réduction. Mais qu'est-ce qui fait d'une différence une "inégalité" appelant une action correctrice de la part des individus et de la société dans son ensemble ?
- Marie Duru-Bellat
Professeure des Universités Émérite à Sciences Po Paris, chercheuse à l’Observatoire Sociologique du Changement et à l’institut de recherche sur l’Éducation
Moins d’inégalités pour un monde vivable
Après un bref rappel de l’ampleur des inégalités mondiales, il sera question des principes éthiques qui peuvent nous convaincre de les combattre avant d’insister sur les raisons socio-économiques et plus encore écologiques qui font que ce combat relève de notre propre intérêt, si nous voulons garder un monde vivable.
- Eloi Laurent
Économiste au Centre de recherche en économie de Sciences Po, enseignant à Sciences Po et à l'Université de Stanford
Inégalités environnementales et bien-être territorial en France
Les crises écologiques contemporaines ont fait émerger une nouvelle catégorie d'inégalités sociales, les inégalités environnementales, qui ont une dimension territoriale très marquée. Cette présentation vise à cerner ce nouvel objet des politiques publiques et à montrer en quoi la France est directement concernée par la montée en puissance des inégalités environnementales dans ses territoires.
14h–15h30 : Table ronde « Territoires et inégalités »
- Benoit de Lapasse
Chef du bureau de l'observation des territoires, Commissariat général à l'égalité des territoires
Des disparités aux inégalités territoriales
Les territoires sont divers et présentent des disparités marquées dans toutes les dimensions : économique, démographique, sociale, environnementale… Celles-ci peuvent être lues à l'aune de critères structurels, comme le degré de peuplement des espaces ou les caractéristiques du tissu productif local. Ces disparités évoluent dans le temps : elles sont en recul sur le long terme sur le plan économique, mais les phénomènes de convergence entre territoires sont remis en cause par la crise. Enfin, il importe de préciser que ces disparités ne constituent pas nécessairement des inégalités entre territoires : elles reflètent avant tout la diversité des individus qui les habitent. Les aspirations des résidents en matière de qualité de vie sont en effet variées, car tous ne recherchent pas un cadre de vie identique.
- Sylvie Tartesse
Directrice d'études au Compas (Centre d'observation et de mesure des politiques d'action sociale)
De plus en plus de collectivités animent des démarches d'observation de leurs territoires et de leurs populations. Au delà du constat de l'état des lieux des inégalités sociales et territoriales, ces démarches aident les décideurs publics à orienter leurs politiques et leurs actions en cohérence avec les objectifs d'équité qui sont les leurs. Plus rares sont les collectivités qui mènent des analyses territorialisées de leurs interventions, en observant l'accès des populations aux aides et aux services de droit commun et les transferts financiers par territoire. Dépense t-on vraiment pour les plus pauvres ? L'analyse peut révéler des effets plus complexes que ceux qui seraient intuitivement attendus.
- François Rousseau
Directeur de FR Consultants, fondateur et vice-président de la Société française de prospective
Comment les territoires peuvent contribuer à la réduction des inégalités sociales et territoriales ?
Eclairage prospectif et opératoire à partir d’exemples empruntés à une diversité de territoires et à différents domaines : insertion-emploi, soins et santé, éducation et vie sociale, gouvernance, etc.
16h–17h30 : Table ronde « Changements climatiques et inégalités »
- Stéphane La Branche
Chercheur enseignant associé au laboratoire CNRS Pacte, Coordonnateur Chaire Planète énergie climat Science Po Grenoble, Membre du GIEC
- Joël Spiroux de Vendômois
Président du Comité de Recherche et d’Information Indépendant sur le Génie Génétique (CRIIGEN) - Pôle Risques, Qualité et Environnement durable
- Laurent Fussien
Directeur général des services et directeur du CCAS, Mairie de Malaunay (76)
Située à 13 km de la ville centre de la Métropole rouennaise, Malaunay (6 000 habitants) se trouve confrontée à des problématiques propres aux communes périurbaines. Si par le passé, elle a su bénéficier d'un coût du foncier accessible et de l'attractivité du format « Maison individuelle », ce modèle de ville à la campagne n'est désormais plus soutenable. Le “coût résidentiel” risque de devenir insupportable pour une grande partie des ménages aux revenus modestes. A cette vulnérabilité énergétique, il convient d’ajouter celle qui découle de leur exposition plus grande aux risques environnementaux liés au dérèglement climatique. Cette prise de conscience face aux « crises » à venir constitue le point de départ de l'initiative de transition qui prend appui sur le label Cit’ergie et entend tout autant placer le territoire sur la trajectoire de l’autonomie énergétique à l'horizon 2050 que de renforcer la résilience de ses habitants, en particulier les plus vulnérables aux chocs qui s’annoncent.