Conférence donnée par
Jean-François TROIN
Géographe, docteur d'Etat,
Professeur émérite à l'Université de Tours
Le modèle du TGV français a-t-il atteint ses limites ?
Le TGV français a eu 30 ans en 2011, l'âge de la maturité, mais aussi l'âge où l'on se doit de prendre du recul face à la formidable avancée ferroviaire qui a été générée, et enfin l'âge des interrogations sur l'avenir.
Les lignes à grande vitesse ont permis :
- une amélioration spectaculaire des relations entre grandes villes françaises et étrangères ;
- une forte croissance du trafic "grandes lignes" (depuis 1995) ;
- des transferts modaux (avion, automobile) très bénéfiques à l'environnement ;
- un développement des TER, en libérant les lignes classiques d'une partie du trafic
Mais le TGV a eu aussi des effets pervers :
- une tarification élevée et complexe ;
- le positionnement absurde de certaines gares nouvelles ;
- une dégradation de la desserte de nombreuses villes moyennes ;
- le détournement systématique des voyageurs vers les LGV ;
- le manque d'investissement sur le réseau ferré classique.
Dans un contexte d'argent rare, faut-il poursuivre l'extension du réseau des LGV au-delà des "coups partis" ? Faut-il écouter la voix des anti-TGV qui se fait entendre ? Peut-on remplacer les LGV par des lignes existantes améliorées ? Quels projets sont prioritaires en termes d'aménagement du territoire ? Qu'en est-il de la Bourgogne dans le cas d'un ralentissement des investissements ?