- Le métier de conseiller en mobilité durable et inclusive : redonner le droit de bouger
- Témoignage d’Hélène Cagé, conseillère en mobilité durable et inclusive à l’association Re Bon
- Hélène Cagé, témoignage recueilli par Pascale Repellin (Alterre)
29 juill. 2025
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Depuis novembre 2024, Hélène Cagé œuvre au sein de l’association Re Bon en tant que conseillère en mobilité durable et inclusive. Une mission qui prend tout son sens sur le territoire rural de la Communauté de communes du Pays de Maîche, où les solutions de transport sont rares, voire inexistantes pour certains.
Écouter, diagnostiquer, proposer
« Mon rôle est de proposer diverses solutions aux habitants pour leur permettre de se déplacer plus facilement », explique Hélène. Face à un manque criant de transports en commun et à une précarité financière bien présente, elle accompagne au quotidien des publics très divers : des seniors (environ 70 % du public), mais aussi des adultes sans permis ou sans véhicule. « Aller faire ses courses, se rendre chez le médecin ou voir des amis devient vite un parcours du combattant quand on vit isolé et sans moyens. »
Grâce à une formation spécifique de Conseillère en mobilité durable et inclusive, elle mène des diagnostics individuels pour identifier les besoins, parfois réorienter ou impulser un projet, et met en place des ateliers pratiques, notamment pour aider à utiliser l’application de covoiturage Mobigo.
Des solutions concrètes pour une mobilité retrouvée
Parmi les leviers déjà déployés :
- Un transport d’utilité sociale : « Allo Kangourou », qui permet aux habitants de réserver des trajets pour se déplacer à l’intérieur du territoire pour des courses, des démarches administratives, ou rendre visite à un proche,
- Des navettes pour les soins les lundis et vendredis vers les agglomérations extérieures à la communauté de communes,
- Une location solidaire incluant deux voitures, deux vélos électriques et une voiturette,
- Le développement du covoiturage, notamment via des partenariats naissants avec les entreprises locales.
Ces dispositifs ont déjà permis des changements concrets : « Des personnes ont pu reprendre un emploi, effectuer un stage ou même simplement se rendre à des consultations médicales sans devoir renoncer faute de moyens ».
Un engagement collectif pour pérenniser les solutions
Au fil des mois, un écosystème d’acteurs mobilisés se constitue : travailleurs sociaux, collectivités, entreprises, usagers. « Nous sommes bien entourés et de plus en plus écoutés », note-t-elle. Si les diagnostics mobilité sont encore récents, les premiers retours sont encourageants.
Son souhait pour l’avenir est de pérenniser les actions. « Les habitants apprécient ces services, mais beaucoup s’inquiètent qu’ils disparaissent. Il faut garantir leur continuité et exploiter toutes les pistes pour que chacun ait non pas une chance, mais le droit de se déplacer. »
Un métier d’avenir au cœur de l’inclusion
Ce qu’Hélène apprécie le plus dans son métier, c’est la relation avec les habitants, et le sentiment d’utilité concrète. « Chaque situation est unique, mais dans beaucoup de cas, retrouver une solution de mobilité, c’est aussi retrouver une autonomie, une estime de soi, un lien social. »
Le métier de Conseiller en mobilité durable et inclusive est encore peu connu, mais appelé à se développer. À l’intersection de l’action sociale, de l’aménagement du territoire et de la transition écologique, son rôle s’impose comme essentiel pour réduire les inégalités et renforcer la cohésion des territoires.
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Le projet « Allo Kangourou » est lauréat du programme TIMS en Bourgogne-Franche-Comté, pour une mobilité durable et inclusive.
Témoignage recueilli par Pascale Repellin, d'Alterre, dans le cadre de la réalisation du Repères flash "La mobilité durable et inclusive : une réponse à l’urgence climatique et sociale".