VITIFOREST : Evaluation de l'impact de l'arbre agroforestier en contexte viticole
Emilie Bourgade, Adeline Alonso Ugaglia, Vincent Bustillo, Thierry Dufourcq, Juliette Grimaldi, Josépha Guenser, Virginie Montagne, Lionel Ranjard, Alonso Ugaglia

janv. 2020 - 27 pages

Article paru dans Innovations Agronomiques 79 (pages 471-497)

Résumé

Vitiforest est un projet exploratoire dont les objectifs étaient d’évaluer et de décrire l’impact de l’arbre sur le comportement agronomique de la vigne, le microclimat, ainsi que sur la biodiversité aérienne et du sol. Il s'est aussi intéressé aux aspects technico-économiques.
Une équipe pluridisciplinaire a testé divers protocoles et outils de mesure à l'échelle parcellaire. Six parcelles de vignes agroforestières ont été sélectionnées sur trois terroirs viticoles du sud-ouest de la France aux caractéristiques assez différentes (Bordelais, Côtes de Gascogne et Cahors) : Trois nouvellement plantées et trois plus anciennes.
Toutes les parcelles ont bénéficié de mesures pour établir un état initial selon divers paramètres (biodiversité aérienne, lombric, communautés microbiennes) et pour caractériser l'hétérogénéité intrinsèque. Les trois parcelles plus anciennes, dites "fonctionnelles" ont été décrites de manière plus détaillée (état hydrique et azoté de la vigne, rendement, composition du raisin, paramètres microclimatiques, etc.).
Au niveau des résultats, un rafraîchissement des vignes voisines du rang d’arbres a été observé lors de journées à forte demande évaporative, dans le cas de larges allées. Sur le plan agronomique, la présence d’arbres depuis 8 ou 9 ans à proximité de la vigne n’a pas d’effet direct sur sa vigueur et la composition des raisins. Ce résultat est encourageant mais devra être confirmé par de nouveaux suivis du système au cours des dix prochaines années. Il n'y a pas pour le moment d'effets forts et homogènes des arbres sur les arthropodes épigés et du feuillage. C'est le même constat pour les ravageurs. Au niveau du sol, on n'observe pas non plus d'effets sur l’abondance et la diversité microbienne. La composition des communautés microbiennes semble cependant légèrement impactée par la présence des arbres. Enfin, une abondance supérieure de lombrics a été mesurée sur les lignes d'arbres.
Concernant les aspects technico-économiques, des travaux complémentaires seront nécessaires. La modélisation sera certainement un outil à privilégier pour tenir compte de la diversité et de la complexité de ces systèmes.

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