- L'attractivité des paysages en zone périurbaine
- Témoignage de Jean Cavailhès, directeur de recherche, INRA Dijon
juin 2010
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Les espaces verts urbains sont des biens « hédonistes » : ils procurent du plaisir aux habitants (du grec hêdoné, plaisir). Ils ont donc un prix hédoniste : celui de la consommation, apparemment gratuite, des 20 à 25 m² de parcs, jardins, squares, etc. que les villes offrent à chacun de leurs habitants.
Une vingtaine de mètres carrés par personne, c’est à peu près la moitié de la surface habitable dont dispose cette personne (45 m2 en moyenne), sans compter ici les espaces verts urbains « privés » : jardins d’agrément et potagers des maisons individuelles.
Les espaces verts « publics » sont partagés, ce qui est généralement un atout : possibilité de rencontres, d’interactions sociales (les enfants jouent au ballon, les retraités à la pétanque, etc.) sauf s’ils sont trop fréquentés (congestion). Mais leur localisation est essentielle : les voir depuis sa fenêtre ou pouvoir y aller à pied n’est pas indifférent dans la manière d’en tirer du plaisir. Leur fragmentation et leur saupoudrage dans la ville sont donc préférés à leur concentration en masse.
L’apparente gratuité cache un coût direct (4 à 5 % des budgets municipaux sont consacrés à l’entretien des espaces verts) ou indirect : ils occupent des ressources foncières, non disponibles pour les habitants ou les bureaux, ce qui fait monter le prix des terres et repousse les ménages et les activités économiques plus loin du centre urbain.
(Extrait de Repères n° 54 - La nature urbaine, ressources pour une ville durable)