- Un pour tous, tous pour un !
- Interview d'Ania Rok, responsable de projets Durabilité et gouvernance urbaine à ICLEI - Local Governments for Sustainability
septembre 2012
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Bien que différents d’une collectivité à l’autre, les Agendas 21 de par le monde ont-ils des points communs ?
Les collectivités oeuvrant pour une durabilité locale sont différentes les unes des autres en de nombreux points. A commencer par les défis qu’elles doivent relever et les capacités dont elles disposent, mais aussi du point de vue des priorités qu’elles se fixent et du fait qu’elles réussissent plus ou moins bien à inscrire leurs actions dans la durée et dans une perspective globale. Cependant, si nous devions trouver un point commun à la majorité des collectivités concernées, ce serait probablement le sens de la responsabilité et le degré d’exigence qu’elles manifestent vis-à-vis de la qualité de vie de leurs citoyens, mais également des générations futures et des autres peuples vivant sur la planète. Un autre point commun est le fait qu’elles se sentent fortes et impuissantes à la fois : d’un côté, elles peuvent vraiment faire changer les choses à l’échelle locale ; d’un autre côté, aucune collectivité n’étant une île isolée, si nous n’arrivons pas, en tant que communauté mondiale, à apporter une réponse collective à la triple crise économique, environnementale et sociale, même la collectivité la plus engagée et la plus active ne pourra pas seule se protéger vis-à-vis des risques globaux comme le changement climatique.
Les collectivités locales françaises sont-elles en retard par rapport au reste du monde dans le domaine des Agenda 21 ?
On peut considérer que la France a eu un démarrage tardif, surtout si on la compare avec les pays scandinaves dont 70 à 80 % des municipalités ont amorcé une démarche d’Agenda 21 local dès la fin des années 1990. Mais précisons que pour certains pays, il s’agissait d’une obligation légale ; de plus, beaucoup de ces programmes étaient en grande partie centrés sur des enjeux uniquement écologiques. Aujourd’hui, la France est un pays dans lequel la prise en compte de la durabilité à l’échelle locale est forte et ce, à tous les niveaux de gouvernance : communal, départemental, régional… Ce qui n’est pas toujours le cas des autres pays européens.
Parle-t-on d’Agenda 21 dans le monde entier ?
Pour estimer les progrès accomplis en termes de développement durable local, nous devons regarder au-delà de l’appellation « Agenda 21 local ». Ce terme, bien que toujours largement utilisé dans des pays comme la France ou la Corée du Sud, côtoie aujourd’hui bon nombre d’appellations autres, telles que : « stratégie locale de développement durable » ; « programme de développement intégré » ; « programme d’actions des engagements d’Aalborg »... L’évolution du terme « Agenda 21 local » et le fait de s’éloigner d’un jargon onusien est vu comme quelque chose de positif, qui va dans le sens d’une appropriation locale. En revanche, ce changement d’appellation est aussi souvent le signe d’une approche plus étroite ou plus fragmentée, se focalisant sur des documents sectoriels comme relatifs au climat avec les PCET*, à la mobilité avec les PDU* ou à l’énergie avec Cit’ergie
*PCET : plans climat énergie territoriaux ; PDU : plan de déplacement urbain
NB : ICLEI est un réseau international de plus de 1 200 collectivités locales et associations agissant pour un développement durable)
(Extrait de Repères n°60 - Quel regard porter sur le développement durable ?)