- Paroles d'acteurs : " La transition : c'est quoi pour vous ? "
- Jean-Christophe Weidmann, Communauté de communes de Gevrey-Chambertin et Nuits-Saint-Georges
sept. 2020
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Interview de Jean-Christophe Weidmann, Directeur biodiversité et développement durable, Communauté de communes de Gevrey-Chambertin et Nuits-Saint-Georges, par Pascale Repellin et Valérie Trivier (Alterre), dans le cadre de Repères n° 81.
Dans votre expérience professionnelle et personnelle, quels domaines voyez-vous comme concernés par la transition ?
Tous les domaines d’activités sont aujourd’hui concernés par la transition écologique, à des niveaux d’avancement différents et selon les motivations, pressions ou freins vécus par les acteurs concernés.
Par exemple, si les freins par rapport au changement sont importants en agriculture, la motivation pour une transition l’est également. Les agriculteurs constituent le public qui perçoit le mieux les changements en cours tant leurs impacts sont déjà significatifs dans leurs activités. Dans le domaine des énergies renouvelables, certaines filières se développent bien en raison de la pertinence de l’investissement et des perspectives de rentabilité.
La consommation plus respectueuse de l’environnement et plus locale ainsi que la réduction des déchets constituent des sujets sur lesquels certaines familles progressent de façon significative, dans la mesure où il s’agit d’une transition accessible, donnant des satisfactions immédiates et dans un cadre budgétaire maitrisable.
Inversement, des dispositifs et des solutions pertinentes existent sur les domaines prioritaires que sont la rénovation du bâti et la mobilité, mais les freins économiques (coût et/ou prise de risque) sont encore prégnants pour les ménages, ne permettant pas d’atteindre les objectifs pour enrayer suffisamment rapidement les effets du changement climatique.
A quoi voyez-vous que cette transition est en cours dans votre collectivité ?
Les actions de mobilisation que nous menons sont plutôt bien accueillies par les communes. Celles-ci nous sollicitent également de façon croissante sur ces sujets liés à la transition. En termes de communication, nous observons que les thèmes relatifs au développement durable, et notamment la biodiversité, sont particulièrement « aimé » sur les réseaux sociaux par les habitants. La mobilisation de la société pour agir est une clé pour accélérer la transition écologique sur les territoires.
Au niveau opérationnel, il nous est apparu pertinent de mener des projets qui répondent à l’ensemble des enjeux climat et biodiversité, qui convergent vers une même problématique de préservation du territoire. Nous avons souhaité ne pas scinder ces deux politiques, et avoir une direction unique traitant des deux. Si le territoire n’est pas suffisamment accueillant en termes de biodiversité, il ne pourra pas s’adapter. Dans le PCAET, notre approche sur l’adaptation au changement climatique englobe la préservation de la biodiversité.
Comment pensez-vous que vous y contribuez et/ou que vous pourriez y contribuer dans le futur ?
Dans le cadre de mes missions professionnelles au sein de l’EPCI, je suis en charge de coordonner cette transition à travers la mise œuvre du Plan climat air énergie territorial (PCAET). Si notre action sur le bâti et la mobilité parait prioritaire avec des enjeux visibles en termes de consommation d’énergie et d’émission de gaz à effet de serre, la réussite de la transition repose, à moyen et long termes, sur la mobilisation des acteurs et des habitants. La transition écologique est encore en émergence dans la société, elle passe par des changements « modestes » au début et s’instaure de façon progressive.
Ainsi l’accompagnement des habitants et des acteurs est une priorité pour une transition qui sera autant sociale qu’écologique : le maillage communal est, pour cela, une voie de mobilisation puissante. Dans ce cadre, nous avons choisi de travailler sur l’action participative, en mettant en œuvre les haut-parleurs de la biodiversité : un groupe formé d’une trentaine de personnes, volontaires, intéressées pour partager et parler à leurs concitoyens. Nous avons organisé des formations sur comment parler au public, animer une sortie, utiliser des outils et apporter des éléments de connaissances sur lesenjeux, comme les oiseaux et la faune liés au bâti. Les haut-parleurs vont déployer des actions qu’ils auront choisies, sur le territoire localement, commune par commune. Ils se déplaceront également là où le public ne vient pas pour l’environnement, de manière à l’interpeller sur ces sujets, en profitant d’évènements importants, de lieu quotidien ou culturels.
Au niveau personnel, je suis engagé « écologiquement » depuis longtemps. Mais comme bon nombre de foyers, je suis aussi confronté aux réalités économiques et pratiques, avec un budget à maitriser et des risques à limiter. Les questions de rénovation et de mobilité sont des domaines difficiles à améliorer avec seulement la « volonté de faire mieux ». Il faut des dispositifs qui permettent d’effacer le plus de freins possibles.
Septembre 2020 - Interview réalisée par Pascale Repellin et Valérie Trivier (Alterre), dans le cadre de Repères n° 81