Une aide supplémentaire, l'exemple de la Saône-et-Loire
Témoignage de Catherine Amiot, 4e vice-présidente du Département de Saône-et-Loire en charge de l'environnement
Catherine Amiot, propos recueillis par Perrine Lair (Alterre)

15 avril 2025

Notre cofinancement du dispositif « Bocages et paysage » est né en 2021 dans le cadre du volet « maillage vert » du Plan environnement dont l’objectif est de planter 600.000 arbres sur 10 ans, dont 15 km de haies/an. Symboliquement, cela représente un arbre par habitant du département de Saône-et-Loire. Différents dispositifs et solutions techniques ont été recherchées pour toucher tout le panel des bénéficiaires. Nous avons souhaité établir des partenariats financiers directement avec les communes et les associations et nous appuyer sur les dispositifs existants. Le partenariat financier adossé au Conseil régional (qui traite directement les dossiers) est apparu la solution technique la plus simple pour tenir cet objectif : cela représente 17 % des 60.000 arbres plantés par an financés par le Conseil départemental. C’est un levier d'action utile et pertinent car nous constatons des plantations plus nombreuses en Saône-et-Loire. Au total, nous avons soutenu 25 km de plantations de haies en 4 ans.

Le Conseil départemental plante aussi sur son foncier propre et propose une aide aux collectivités à hauteur de 40 % pour des projets plus globaux de plus de 10.000 € ainsi que le dispositif « Chèque arbres » qui finance à 50 % les petits projets (moins de 10.000 €) de collectivités et d’associations qui ne serait pas éligible autrement. La liste d’essences éligibles est similaire à celle de la Région pour plus de cohérence. On essaye de toucher tous les publics et toutes les bourses.

Le plan environnement a été réfléchi avec la conscience de développer les actions en direction de la nature et de l'environnement : il touche également aux logements, aux collèges, à l’eau, aux mobilités douces... Il est complété par le plan Celsius sur la maitrise du bilan carbone de la collectivité.
La plantation de haies n’est pas toujours facile à aborder pour les collectivités car le foncier agricole n’est pas maitrisable. Donc nous nous tournons vers la structuration de nouvelles filières économiques aussi pour emporter l’adhésion du monde agricole. La plantation, régénération de haies anciennes et la valorisation est un travail de longue haleine. Il s’agit de concilier l’intérêt environnemental et économique, c’est une question de fond passionnante.

En ce sens, nous participons au groupe de travail « haies » animé par la Direction départementale des territoires pour promouvoir collectivement tous les aspects de la haie, notamment l’aspect économique et le montage de filière. Le développement d'une nouvelle filière pour les plaquettes bocagères est un travail de moyen terme qui nécessite d'expérimenter et de convaincre et de changer de paradigme sur le territoire.
Notre rôle pour aider au développement de l’aspect économique (structuration filière plaquettes bois, chaufferies avec les collectivités), c’est d’être un maillon de la chaine d’acteurs : mettre en réseau du producteur au consommateur, en lien avec les CUMA aussi qui font beaucoup sur le territoire.


Témoignage recueilli par Perrine Lair, d'Alterre, dans le cadre de la réalisation du Repères flash "Arbres, haies et Bourgogne-Franche-Comté : retour sur 20 ans de soutien".

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